Lecture du weekend : Destinations

Chaque semaine, nous vous faisons découvrir un livre de notre maison.

C’est les vacances ! Vous partez, vous ? Nous, oui ! Et on en a des Destinations ! Grâce à Olga Medvedkova, dans la collection Histoire Récit Fiction !

LE LIVRE Destinations 

Ce livre parle de voyages à l’heure où voyager est easy ; c’est bien, n’est-ce pas, quand c’est easy, c’est ce qu’on aime, quand « ça marche », « pas de soucis ». Prendre un avion, quoi de plus bête, aussi facile qu’allumer la télé, qu’ouvrir sa page Facebook ou cliquer sur Wikipedia. Des écrans, entre la vie et le vivant : on se renseigne, on a des infos à revendre, rien n’est vécu, rien ne pénètre. La grande victoire ! Vive le progrès ! Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour vivre sans vivre. Sauf que voilà, certains s’alarment : vivre c’est grave, voyager c’est danger, non pas de mort, mais de perte de repères, de certitudes, et même, le pire, de fantasmes. Non pas danger de mort, mais de vie, justement. Livre-avertissement, warning, y compris sur le plan littéraire. Ça change sans prévenir de personnages, d’époques, de styles, de sexes. Livre imprévisible, il n’est pas destiné aux consommateurs de magazines et d’autres produits hachés et surgelés. Rien n’y est prémâché ni digéré à l’avance ; c’est à vous de le faire. Attention, on décolle, comme on déconne ! Et tout peut nous arriver en cours de route, tout, on peut même…

L’AUTEURE — Olga Medvedkova est née à Moscou et diplômée de l’Université Lomonossov, elle est docteur en histoire et civilisation de l’École des Hautes Études en Sciences sociales (Paris) où elle a croisé la crème des intellectuels français. Habilitée à diriger les recherches à la Sorbonne — Université de Paris IV, elle a été l’une des premières pensionnaires de l’Institut National d’Histoire de l’Art.

Actuellement chercheur au CNRS, elle a publié de nombreux ouvrages et articles consacrés à l’art russe, à l’histoire, à la théorie de l’art et de l’architecture, des essais, des traductions, y compris de Kandinsky, de Bakst et de Pouchkine, ainsi qu’une pièce de théâtre et un roman, chez Mazenod, Fayard, Gallimard, Les Presses du réel, TriArtis et Alain Baudry & cie. Certains de ces ouvrages ont reçu des prix prestigieux. Elle a publié aussi l’art russe (Mazenod, 1991) et de l’Histoire de Saint-Pétersbourg (Fayard, 1996). En 2014, Olga Medvedkova a reçu le prix de la Révélation de la Société des Gens de Lettres et dirige actuellement le projet collectif international « Les Européens, ces architectes qui ont conçu l’Europe », dans le cadre du Labex EHNE (écrire une nouvelle Histoire de l’Europe).

Son site : olgamedvedkova.blog4ever.net

EXTRAIT — Vienne est riche. Sa richesse, c’est le vide. C’est là où il n’y a rien que c’est riche. Ce n’est pas là où il y a du plein, mais là seulement où il y a trop. Là où il y a un vide vide. J’ai compris cela aujourd’hui : dans une ville, ce sont les places, les rues plus larges qu’il ne faut, les jardins qui ne sont à personne. Ce trop, c’est le riche. En fait, ce vide n’est pas vide. Tout simplement les choses qui s’y trouvent sont invisibles. Sur ces places défilent des troupes d’anges de retour des guerres célestes.

AVIS DE LECTEURSUn bon livre peut vous ouvrir les yeux sur plein de choses. C’était le cas de Destinations de Olga Medvedkova.
Nous aimons tous voyager. Nous arrivons dans une ville nouvelle. Elle nous ouvre ses bras et pour un certain temps nous devenons une partie d’elle, de sa vie, de ses odeurs, de ses bruits, de sa philosophie. Nous ne l’observons pas d’un regard étranger venu de loin : nous la vivons. 
Destinations nous fait ressentir et comprendre avec une profondeur et une finesse remarquables. Chacun des personnages des nouvelles vit sa propre histoire, son propre destin, mais la ville a toujours son emprise sur lui, met son empreinte sur son destin.
N’éprouvons-nous pas la même chose sans nous en rendre compte ? Nous, qui nous croyons indépendants de toute influence et entièrement libres, ne sommes nous pas, nous aussi sous l’emprise d’une ville, ou nous habitons, ou faisant l’objet d’un voyage ?
Ces nouvelles sont écrites d’une langue très belle et imagée et rappellent plutôt des poèmes en prose que des nouvelles. Nous sommes envoûtés par cette langue, qui dessine d’une main d’artiste le visage de chaque ville, nous fait entendre ses bruits, au point de nous faire sentir jusqu’à ses odeurs.
Merci, Olga Medvedkova, pour ce beau cadeau, pour cette merveille ! 

 

Publié le 28 février 2019 par Editions TriArtis

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75005 Paris

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