Lecture du weekend

Chaque semaine, nous vous faisons découvrir un livre de notre maison.

 

Tous nos vœux pour 2019 !

 

Pour le premier livre de l’année 2019, j’ai choisi de vous présenter Gautier/Dumas, Fracasse et d’Artagnan chez les tzars, une adaptation libre de leurs récits et lettres de voyage en Russie par Agnès Akérib et Isabelle Cousteil, collection Correspondances Intempestives.

 

LE LIVRE – 1858-1859. Alexandre Dumas et Théophile Gautier voyagent en Russie.

Dumas, l’homme des Mousquetaires, véritable gloire nationale, chevauche de place en place et met sa plume au service de l’action, racontant ses aventures et ses rencontres, s’étonnant de tout. Il fêtera ses 57 ans entre Saint-Pétersbourg et Moscou avant d’affronter les dangers du Caucase. Gautier, écrivain renommé et critique influent, regarde en poète et en artiste, s’attache à décrire les paysages, les architectures et les costumes qui le fascinent et s’émerveille de la neige étincelante.

Un pays, vu et ressenti au même moment mais de manières résolument distinctes par ces deux grands de la littérature française qui se côtoient à Paris, mais ne se rencontreront jamais en Russie.

Cette « correspondance intempestive » est une fiction, librement adaptée de leurs récits de voyage, biographies et lettres à leurs proches, dont elle extrait, synthétise et parfois détourne des instants. Elle n’a d’autre prétention que de refléter la curiosité et l’admiration que nous avons éprouvées face aux témoignages de ces grands auteurs, d’inciter le lecteur à lire ou à les relire leurs écrits dans leur intégralité et leur intégrité.

 

LES AUTEURES – Agnès Akérib

Née au pied des Pyramides. Etudes supérieures (documentaliste, lettres, Chroniqueuse pour des éditions d’art. Responsable de communication et de marketing pour le Groupe Hachette (Castors Juniors). Collabore en tant que rédactrice et créatrice graphique à RTL (Information et Publicité) et diverses filiales du Groupe TF1 (TF1 Entreprises, Une Musique). Journaliste au Midi Libre. Directrice de collections aux Éditions La Méridienne / Desclée de Brouwer. Conseillère littéraire et responsable de la création artistique aux Éditions TriArtis.

Auteur de « Mademoiselle Rachel, l’Étoile filante », « Fracasse et d’Artagnan chez les Tsars », avec Isabelle Cousteil, et diverses nouvelles (ouvrages collectifs « A Monna Lisa, Le Louvre, Paris », chez TriArtis « Comme un ours en page », chez Pippa Editions…)

Isabelle Cousteil

Ingénierie & production culturelle, Écriture(s)

Ancienne élève des classes préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure, Isabelle Cousteil est titulaire d’une licence d’Histoire, d’une maîtrise de Conservation et Aménagement du Patrimoine et de l’Environnement et d’une maîtrise de muséologie.

Crée et dirige à partir de 1984 deux entreprises d’ingénierie culturelle et de production d’événements culturels et remporte divers prix (Fondation de France, Fondation Jacques Douce, Prix Unesco-Admical…).

Intègre en 1994 IP-Havas Intermédiation en tant que Directrice du développement marketing événementiel, puis Attachée à la Présidence et enfin Directrice de la communication et des relations internationales.

Reprend en 1999 une activité indépendante de conseil et de direction de projets culturels.

Intervient ponctuellement comme chargée de conférences dans différentes écoles et universités (Sorbonne Paris IV, Centre d’archéologie générale et d’anthropologie de l’art, Université Libre de Bruxelles, IRCOM, École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art).

Depuis 2009, poursuit les missions de conseil et d’accompagnement de projets culturels et s’attache tout particulièrement à l’écriture sous toutes ses formes : reportages, scénarisation, récits, nouvelles, biographie, théâtre.

S’attache à l’écriture créative, à la lecture et à l’interprétation, associant les mots avec les autres expressions plastiques et scéniques ainsi qu’au partage avec les jeunes dans le cadre d’atelier d’écriture et d’interprétation (Paris – Arles)

Gouttes de plume, le blog d’Isabelle Cousteil

 

EXTRAITS

Notre bateau emprunte son nom à Vladimir, lequel était, autant que je puis me le rappeler au milieu de la Baltique sans dictionnaire et sans biographie, un des trois fils de Sviatoslav, grand prince de la Russie. L’histoire vous dira comment Vladimir devint grand ; je me bornerai à vous dire comment il devint saint.
D’abord, il tua son frère, comme Romulus ; ce qui lui fit double part. Puis il épousa six femmes, et eut huit cents concubines, juste le chiffre de Salomon. On lui avait proposé quatre religions ; car vous supposez bien qu’un homme qui a commencé par tuer son frère, violer les princesses, avoir six femmes et huit cents concubines, est éclectique en matière de culte. Mais Vladimir voulait faire une fin.
La première religion qu’on lui proposa fut la musulmane. Vladimir secoua la tête.
– Je ne veux pas, dit-il, d’une religion qui interdit le vin, liqueur indispensable aux Russes, et qui fait leur joie.
En conséquence, il repoussa la religion mahométane. On lui proposa le catholicisme?; mais il secoua une seconde fois la tête. Le pape l’offusquait.
– Je veux bien, dit-il, reconnaître un Dieu au ciel, mais je n’en veux pas reconnaître sur la terre.
On lui proposa le judaïsme. Mais le néophyte répondit :
– Il ne me paraît pas sensé de prendre rang parmi des vagabonds punis par le ciel, et de partager la punition d’un crime que je n’ai pas commis.
Enfin, on lui proposa la religion grecque. Je ne sais quels mérites militèrent en faveur de celle-là, mais je sais qu’il l’adopta.
Or, comme Vladimir ne savait pas faire les choses à demi, à peine eut-il adopté sa nouvelle religion qu’il dépouilla, au profit de son nouveau Dieu, les faux dieux qu’il avait adorés jusque-là, les fit fouetter de verges par ses gardes, et, les attachant et les traînant à la queue des chevaux, les fit précipiter dans le Dniepr. Puis, pour que la grâce qui l’avait si miraculeusement touché s’étendît à ses sujets, il commanda de réunir tous ses peuples comme des troupeaux, les poussa sur le bord des fleuves, les y fit baptiser par milliers, poussant à la suite d’une foule une autre foule, et donnant à dix mille hommes à la fois le nom du même saint. Tous ces mérites furent récompensés, et le fils de Sviatoslav ajouta au calendrier le nom d’un nouveau saint : Vladimir.
Nul ne peut aller à la rencontre de la Russie sans être saisi, par la puissance du lien entre les saints et les tzars.
Alexandre Dumas

Savez-vous ce que je recherche pour ma part en Russie ? Quand je pars en voyage, je commence par laisser à Paris mes verges de critique et mon masque de « Français arbitre du goût ». Je ne me dis pas comme certains Perrichon (dont vous n’êtes grands dieux pas !) : « Allons nous comparer sur place au reste du genre humain et savourer à l’étranger le plaisir chauvin d’arriver de Paris, d’en être et d’en parler à table d’hôte ». Quant à ma méthode, c’est celle de Lord Byron. Je voyage pour voyager, c’est-à-dire pour voir et jouir des aspects nouveaux, pour me déplacer, sortir de moi-même et des autres. Je voyage pour réaliser un rêve tout bêtement, pour changer de peau. J’irai en Russie pour la neige, le caviar et l’art byzantin.
Théophile Gautier

 

LA PRESSE – Un titre…fracassant pour une épopée épistolaire qui ne l’est pas moins : imaginez, ou plutôt laissez-vous emporter par la féconde imagination d’Isabelle Cousteil et Agnès Akérib et la mise en scène intempestive d’une correspondance entre Alexandre Dumas et Théophile Gautier.

Liés d’estime et d’amitié, les deux célèbres écrivains furent présents conjointement sur le territoire russe, au cours d’un voyage effectué en 1858. Ils ne s’y rencontreront cependant pas.

S’inspirant de leurs récits de voyage, style épistolaire, témoignages biographiques, les auteurs nous proposent un florilège d’observations sociologiques, esthétiques, gourmandes, climatiques,linguistiques, …pétries de cet étonnement perpétuel face aux moeurs autochtones qui déjà faisait le charme des Lettres persanes… Avec l’humour, en prime.

« Les écrits parallèles de Dumas et Gautier nous conduisirent à imaginer une rencontre épistolaire entre le d’Artagnan du roman et le Fracasse de la poésie. »

Pour notre grand bonheur. (Apolline Elter, blog Le Pavillon de la Littérature)

 

Le texte est parfait, impossible de savoir ce qui a été extrait de leurs correspondances réelles avec leurs proches ou de leur récit divers et ce qui a été écrit par les deux auteurs et le tout fait trépigner, se dévore d’une traite et se relit ensuite encore et encore et donne une envie féroce de tout, absolument tout, relire d’eux!! (Babel Oueds)

Publié le 3 janvier 2019 par Editions TriArtis

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