Lecture du weekend

Chaque semaine, nous vous faisons découvrir un livre de notre maison.

 

En ce weekend de 11 novembre, et après vous avoir présenté la semaine dernière notre livre sur Georges Clémenceau, je me dois bien sûr de vous faire découvrir celui sur Raymond Poincaré ! Raymond Poincaré, 14-18, fantômes du passé : spectres de l’avenir ; discours et lettres du Président de la République rédigés pendant la « Der des Ders » ; adaptation Adrienne Aslan ; collection Scènes Intempestives à Grignan.

 

LE LIVRE – Le 4 août 1914, Raymond Poincaré dans un célèbre discours appelle les Français à « l’Union sacrée ». Il couvrira de sa voix toutes les phases de la Grande Guerre, et au-delà. Il sait que, de son éloquence, dépendent des enjeux de vie et de mort, de succès et de défaite. Il évoque, suivant l’exemple des grandes figures oratoires du passé qui l’inspirent, les heures critiques de notre histoire : la patrie révolutionnaire en danger, le siège de Paris de 1870, le territoire insécable de la République amputé de l’Alsace-Lorraine, l’empire colonial.

À bien relire ces discours de Poincaré, rédigés pendant « la Der des Dersv», ainsi que les lettres et télégrammes adressés aux acteurs de cette catastrophe, on entend déjà gronder les événements à venir du xxe siècle, de la Seconde Guerre mondiale à la décolonisation…

 

EXTRAIT – Article pour L’Écho des Tranchées, journal du 17e territorial, paru le 15 mai 1915.

Vous m’avez invité, mes amis, à suivre l’exemple qu’ont heureusement donné plusieurs membres de l’Académie française et à charger L’Écho des Tranchées de vous communiquer un mot d’encouragement et de souvenir.

Vous n’avez pas besoin d’être encouragés. C’est de vous qu’émane le courage dont est enflammée toute la nation.

Cette gaieté que vous conservez en face du danger est une des formes les plus charmantes de la crânerie française.

L’horrible guerre dont la France a vainement tenté d’écarter le fléau et que l’ennemi a déchaînée avec une préméditation criminelle, vous l’avez acceptée résolument et vous la soutenez aujourd’hui avec un si généreux entrain que vous la forcez à produire, malgré tout, des effets salutaires. Sur les ruines qu’elle accumule et sur les tombes qu’elle creuse, vous faites fleurir les plus belles vertus de notre race. Vous élevez et purifiez l’âme du pays.

De la mer du Nord aux plaines d’Alsace, vous n’avez plus, tous tant que vous êtes, qu’une idée et une volonté : l’idée du devoir et la volonté de vaincre.

Je vous ai vus dans les dunes de Nieuport, sur le sol crayeux de la Champagne, sous les falaises de l’Oise et dans les taillis de l’Argonne ; je vous ai vus en hiver dans l’humidité des terres flamandes et dans la neige des Vosges ; vous m’êtes partout apparus avec la même fierté au front et le même sourire aux lèvres.

Il y a, parmi vous, des riches et des pauvres, des ouvriers et des paysans, des bourgeois et des hommes du peuple, des fonctionnaires et des artistes, des écrivains et des commerçants et cette infinie diversité de professions, de goûts et d’habitudes se fond dans la splendide unité de votre patriotisme.

Puisse L’Écho des Tranchées se faire entendre, non seulement jusqu’aux extrémités du territoire français, mais dans toutes les parties du monde !

Il réconfortera et réjouira partout les amis de la France ; il révélera aux autres la grandeur et la beauté de vos actions quotidiennes ; il annoncera à tous la victoire prochaine de la justice et du droit.

Publié le 10 novembre 2018 par Editions TriArtis

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