Lecture du weekend

Chaque semaine, nous vous faisons découvrir un livre de notre maison

 

Cette semaine, j’ai choisi de vous présenter Album de là-bas de Jeanine Worms, un texte adapté par Gérard Bonal pour le festival L’Invitation aux Voyages, thème Terre d’Exil (2016). L’auteure raconte son exil en Argentine, forcée de quitter la France à cause de la guerre… Encore cruellement moderne.

http://triartis.fr/livre-78-Album_de_la-bas.html

 

LE LIVRE – Les années 1940. Paris occupé. La fuite. La traversée de l’Atlantique. Le port de Buenos Aires. L’exil d’une jeune fille accueillie par des amis argentins.

Elle découvre un pays insouciant des drames vécus outre-atlantique. Observe les diverses mentalités qui caractérisent les autochtones, les expatriés qui se sont acclimatés ou les exilés qui, comme elle, n’aspirent qu’à repartir pour l’Europe.
Le retour enfin dans Paris libéré. La jeunesse avide de musique, de rencontres, de retrouvailles… Une joie de courte durée. La voici rejetée par ceux qui ont subi quatre années de restrictions et de peurs.
Là-bas l’incompréhension, ici l’ostracisme. Un sentiment d’exil partout et toujours.

 

L’AUTEURE – Jeanine Worms est une dramaturge et femme de lettres française né le 19 avril 1923 et morte le 28 avril 2006.

Femme de lettres, Jeannine Worms a parcouru tous les genres, refusant de se laisser enfermer et surtout de céder aux modes. Parisienne certes, mais intègre d’abord. Le leitmotiv de son œuvre aura été la réflexion sur les mensonges et les apparences. Mensonges véniels mais quotidiens qui minent le couple et masquent la violence sous-jacente. Mensonges collectifs devant la mort, portés par des prêches où l’homme devrait porter la culpabilité d’un destin qu’il n’a pas choisi. Le théâtre, l’essai et le roman portent tous la marque de ce travail.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeannine_Worms

 

EXTRAITS – C’était la fin d’une ère, et le début d’une autre. Derrière eux, les fugitifs laissaient ce qui leur était familier, maison, parents, amis, habitudes, gagne-pain, métier. Rester signifiait la mort ; partir, survivre, en s’amputant de sa vie antérieure.

 

De nouveau : tailleurs, bijoutiers, tissus et bois rares. Un faste à vous faire ignorer la maladie, la misère, la guerre, la mort. Je me retrouve devant la même haie de gominés plantés le long du trottoir. Les regards collent. Je me réfugie le long du mur. Je passe devant un cinéma que je n’avais pas remarqué. Deux guichets. Deux écriteaux : Fila para Senores, fila para Senoras ; « file d’attente pour les hommes, file d’attente pour les femmes. » Femme, une nouvelle catégorie de citoyens inférieurs. De la viande en promenade devant un rang d’affamés.

 

– Vous ne pouvez pas savoir.

– Vous en pouvez pas comprendre.

– Vous n’étiez pas ici, pendant la guerre.

Publié le 18 mai 2018 par Editions TriArtis

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